Se mettre à la place de l'autre : une faculté favorisée ou défavorisée par l'environnement sociale

Pourquoi les adolescents semblent-ils moins responsables, plus impulsifs, et globalement moins capables de se mettre à la place des autres que les adultes ?

Sarah-Jayne Blakemore, neurologue spécialiste des sciences cognitives, explore cette question par le biais d'expériences particulièrement créatives menées avec des adolescents et des adultes.

Ses études lui permettent de mesurer la capacité des personnes à se mettre à la place d’une autre personne notamment en mesurant les "conflits de perception".

Sarah-Jayne explique les différences de comportements par des différences au niveau du cortex préfrontal, qui est encore en cours de développement pendant l’adolescence.

Ses recherches sur le cortex préfrontal mettent en évidence l’importance de l’environnement sur le développement du cerveau au cours de l’adolescence : "les connexions neuronales qui sont utilisées sont fortifiées, alors que celles qui ne le sont pas sont élaguées".

Grâce à ses expériences, nous savons maintenant que la faculté de percevoir le point de vue d’une autre personne est à l'adolescence particulièrement difficile parce que les zones du cerveau associées à cette faculté sont encore en cours de développement.

La découverte est importante dans le sens où cette habileté est non seulement à l’origine des comportements empathiques, mais elle influence nos interactions, nos décisions et même nos jugements moraux. Elle jettera un autre pavé dans la mare en démontrant que la plupart des adultes, même ceux qui sont ― aujourd'hui ― perçus comme "intelligents et en bonne santé", se trompent 50% du temps dans les expériences sur les conflits de perceptions. La plupart des humains éprouveraient donc beaucoup de difficulté à se mettre à la place des autres...


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