Lorsque les tests nucléaires parlent de maturité culturelle

 2053 bombes atomiques ont explosé entre 1945 et 1998.

On imagine l'impact moral et écologique sur le court et le long terme d'une pareille course...

On remarque que les nations d'Europe du Nord — qui pourtant bénéficient de richesses économiques et sociales enviées par le reste du monde — n'ont pas jugé nécessaire de faire partie du « nuclear club » ni d'investir autant de leur richesse que les autres nations "développées" dans leurs forces militaires.

On pourrait se demander pourquoi les pays scandinaves (l'Islande en tête) ne ressentent pas ce besoin d'affirmer leur pouvoir. On pourrait aussi se demander ce qui, entre la violence et le mode de résolution pacifique d'un conflit, est le stade le plus avancé et le moins "naturel" (que cela concerne directement la gestion de conflit ou l'approvisionnement des ressources). On pourrait enfin se demander pourquoi certaines sociétés et certaines personnes ressentent plus le besoin d'affirmer leur puissance, leur richesse pour exister.

Se pourrait-il que les nations soient à l'image des individus qui les composent ? Se pourrait-il que les nations, comme les individus, poursuivent des objectifs plus ou moins matures et donc plus ou plus féconds ?

 

Et si on s'était trompé, et si le véritable « degré de civilisation », n'avait rien à voir avec les prouesses technologiques, intellectuelles ou artistiques, mais était lié au degré d’importance que nous apportons à ceux et ce qui nous entoure ? Dans ce cas, comment pouvons-nous accepter de confier les décisions cruciales à des nations (ou personnes) empêtrées dans des recherches de statut social et des politiques de violence ?  

 

Ne pourrions-nous pas commencer, enfin, à dépasser nos vieilles conceptions tribales du pouvoir ? Ne pourrions-nous pas choisir de confier le pouvoir entre les mains des plus sages plutôt que de le laisser entre les mains des plus militarisés ? Ne serait-il pas plus sage, et dans l'intérêt du plus grand nombre, de calquer l'importance des responsabilités, non plus sur le niveau de richesse ou de puissance militaire d'un peuple, mais sur sa capacité à se soucier de ses personnes, en particulier des plus démunies, des autres peuples et globalement de ce qui l'entoure ? Ne pourrions-nous pas enfin trouver l’humilité de dépasser nos instincts communautaristes pour nous laisser guider et apprendre des peuples les plus civilisées ?