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Légion des volontaires français contre l’islamisme ― bureau de recrutement

 

 

 

Et si nous nous étions trompés d’ennemi ?

Et si nous n’étions pas « victimes du terrorisme », mais de notre immaturité ?

 

Et si nous étions victimes de la superficialité de notre regard sur le monde, de notre difficulté à percevoir la complexité du monde et de notre facilité à le réduire à de naïves histoires manichéistes ?

 

Et si nous étions les victimes de notre manque de considération pour les autres et de notre incapacité à nous mettre à la place des autres, notamment ceux dont les intérêts et la logique s’opposent aux nôtres ?

 

 

 

 

 

 Et si ce n'était pas pour l'homme que nous nous battions, mais pour nous-même ?

Comment pouvons-nous à la fois refuser la violence chez nous — en nous efforçant de prendre en compte, jusque dans les actes les plus criminels et barbares qui soient, le poids du déterminisme pour mieux comprendre l’origine des comportements des personnes — et en même temps nous accorder le droit d’exécuter à l’extérieur de nos frontières ceux qui ne font pas partie de notre camp ? Les "droits de l'homme" ne devraient-ils pas inclure tous les hommes, y compris nos ennemis ?

Comme notre dégout de la violence, de la peine de mort ou de la dictature, s’arrête aux frontières de l’occident, nous battons nous pour les "droits de l'homme" ou pour ceux des hommes occidentaux ? Nous battons nous pour des valeurs universelles ou pour notre propre intérêt ?

 

Et si nous profitions de ces attentats pour évaluer le niveau de maturité et de crédibilité de nos valeurs morales sacrées ― celles pour lesquelles nous acceptons de tuer ?

Comment pouvons-nous à la fois nous glorifier de nos « valeurs humanistes civilisatrices », de notre « dégout de la haine » et nous glorifier en même temps de nos croisades meurtrières ?

Et si nous étions victimes de notre manque d’intégrité, de l’écart vertigineux entre ce que nous pensons incarner et ce que nous sommes vraiment ?

Et si nous étions aussi victimes de nos difficultés à prendre du recul sur nos émotions et à questionner nos intuitions et convictions morales ?

Et si notre difficulté à nous mettre à la place de l’autre nous empêchait d'étendre notre désir de droit de la personne aux autres ?

Et si notre difficulté à regarder nos opposants comme des personnes que nous aurions pu être nous empêchait d'accorder du prix à leur vie ?

Et si, faute de réussir à saisir le concept de droits de l’homme, nous nous contentions de sa version actuelle : les droits de l'homme occidental (aux dépens des autres hommes ― ou sous-hommes puisque c'est ainsi que nous les traitons).

 

Et si, plutôt que de condamner le barbarisme de nos ennemis, nous en profitions pour évaluer notre propre niveau de civilisation ?

Il semblerait que la façon la plus simple de définir ce qu’est la « civilisation » soit de la définir par ce qu’elle n’est pas. Les nations les moins civilisées ont tendance à se ressembler sur plusieurs points :

 

• L’idée politique d’un « bien absolu » incarné par des « valeurs universelles » (la charia ou les valeurs républicaines selon l’endroit d’où on vient) et d’un « mal absolu » incarné par des personnes ou des idéologies à combattre.

• Les manifestations, cultes des personnes ou d’idéologies et l’imposition de gestes de piété collective : des prosternations religieuses et très morales devant des « valeurs universelles très sacrées ». Des manifestations et des déclarations solennelles publiques prouvant notre loyauté aux normes morales et notre grande vertu. Des séances publiques d’indignation vis-à-vis du mal, de l’immoralité « je suis quelqu’un de très moral pour le bien très moral, et contre le mal très immoral » : des ablutions et prières publiques d’un côté ou des « je suis Charlie/contre le mal » de l’autre.

• La censure ou, dit autrement, le concept de « liberté d’expression s’arrêtant aux limites de l'acceptable », une limite fixée par des normes morales sacrées et des vérités incontestables : « on peut dire ce qu’on veut... à condition de ne frustrer personne » (la France est à ce niveau loin derrière pas mal de pays africains).

• La surveillance étroite des personnes pour lutter contre « le mal » et éradiquer l’immoralité : dénonciation, arrestation, condamnation, lynchage social...

• La croyance en la supériorité de son clan et en sa mission civilisatrice.

• La diabolisation et la déshumanisation des opposants, de l’autre clan : l’utilisation d’un vocabulaire manichéiste idéologisé : « terroriste », « la haine », « valeurs sacrées »...

• L’idée que la fin justifie tous les moyens : un sens moral considérant qu’il est acceptable d’exécuter ses opposants, directement ou par procuration, au nom de principes sacrés.

Et si dans notre combat contre « le mal » et contre les croyances dogmatiques islamistes, nous commencions par nous interroger, sur nos propres croyances sur l’origine du mal ?


Et si nous commencions par nous interroger sur cette croyance, si populaire en occident, en un mal qui serait une perversion extérieure, en une nature humaine qui serait naturellement vertueuse, innocente ou rationnelle ? Et si nous nous interrogions sur la validité de notre croyance que le mal, la bêtise humaine et tous nos maux viennent de l’extérieur : des religions, de l’argent, de la société... ?

Et si l’ennemi, et le mal à combattre n’étaient ni l’islamisme, ni « le terrorisme », ni même un quelconque « mal » qu’une personne ou une idéologie incarnerait, mais simplement l’immaturité ?

Et si nous manifestions cette immaturité par nos croyances, nos raisonnements manichéistes, notre violence, nos incapacités à accorder du prix à la vie des autres ?

Et si les victimes de ces attentats et de nos bombardements étaient aussi les victimes de la superficialité de notre approche des comportements humains et de notre immaturité ?
 
Et si nous commencions à nous battre non plus, les uns contre les autres, mais contre les traits de notre nature qui nous abaissent, et pour encourager les traits de notre nature nous élèvent ?

 


Édit (déc. 2015) :

 

Concernant les attaques de Paris et ce qui a suivi

Les évènements qui ont suivi les attaques de Paris de novembre 2015 confirment qu’il ne s’agit, finalement, pas seulement d’une difficulté à étendre la notion de droit, et d'état de droit, à l’extérieur de nos frontières, mais d’abord d’une difficulté à véritablement la mettre en pratique, chez nous. En plaquant la police au-dessus de la justice, les prisons françaises ont renoué avec la tradition républicaine d’accueil de prisonniers politiques. Épuisés par la charge des valeurs civilisatrices, les Français ont préféré laisser leurs élus enterrer les droits de l’homme (voir l’annonce officielle faite au Conseil de l’Europe) et éditer leur constitution, sans débat public. Le peuple (la majorité des Français) ne s’en est d’ailleurs pas offusqué puisqu’il soutient, main sur le cœur, ses croisades civilisatrices visant à promouvoir, par la censure, la violence, et le soutient de dictature ses principes sacrés de liberté d’expression, de droit de l'homme, de démocratie et d’état de droit...

Le fait qu’une simple fusillade ait pu suffire à renverser les grands principes sacrés des Français en dit long sur le niveau de civilisation du pays. Cet évènement montre qu’il s'agissait plus de valeurs de façade, de vernis moral qu’une éthique réfléchie reposant sur des valeurs profondes. Car c’est dans les difficultés qu’on reconnait les valeurs qui animent vraiment une personne, un groupe de personne, une nation. Si 130 morts suffisent à renverser la démocratie française, établir un état policier, justifier la censure et l’emprisonnement de prisonniers politiques, on peut d’ores et déjà imaginer ce que le double réussira à accomplir...

 

De la crédibilité de nos « droits de l’homme »

On pourrait aussi s’interroger sur la crédibilité de nos « droits de l’homme », dont nous nous glorifions sur notre territoire, lorsque tout va bien, mais que nous n’hésitons pas à piétiner à l’extérieur de nos frontières, ou chez nous, à la moindre difficulté. Comment pouvons-nous reprocher à ces combattants du Moyen-Orient de ne pas s’embarrasser de nos « droits sacrés » pour arriver à leur fin, alors que nous faisons la même chose ? Et comment pouvons-nous leur reprocher de ne pas être intéressés par nos valeurs sacrées puisqu'elles ne s'appliquent pas à eux et que nous les enterrons lorsqu'elles nous dérangent ?

 

Et au sujet de « l’état d’urgence »

Il est dommage que les Français n’aient rien trouvé de mieux pour sortir des états de non-droit autoritaires et moralistes des siècles précédents qu’un état de non-droit bafouant ses propres lois, où l’égoïsme et la loi de la jungle sont érigés en droits fondamentaux. Et il est dommage que les Français n’aient rien trouvé de mieux pour sortir des décennies de laxisme et d’absence de contrat social que de retomber dans l’autoritarisme de « l’état d’urgence ». Il est dommage que les Français soient passés par ces différentes formes d’état de non-droit sans avoir trouvé l’intelligence de construire un véritable état de droit.
 

Et si le niveau de civilisation d’un peuple se mesurait autant à sa capacité de choisir des lois justes, qu’à sa capacité de les faire appliquer ?

 


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