Steven Pinker, Comprendre la nature humaineSteven Pinker, Comprendre la nature humaine

Dans son livre, Comprendre la nature humaine (titre original: The Blank Slate), Steven Pinker, explore les dernières découvertes sur la nature humaine. Il montre à quel point les intellectuels d'aujourd'hui en sont arrivés à nier son existence en embrassant trois dogmes liés entre eux:

 

● La Table Rase : l'idée que l’esprit humain n'a pas de traits innés.

● Le Bon Sauvage : l’idée que les personnes naissent bonnes et qu’elles sont corrompues par la société.

● Le Fantôme dans la Machine : l’idée que l’esprit humain est au-dessus des lois biologiques notamment par son « libre arbitre ».

 

L'idée que chacun de nous se fait de la nature humaine affecte toute notre vie, de la manière dont nous élevons nos enfants à nos positions politiques. Les sciences permettent aujourd'hui de mieux la comprendre, de mieux cerner les structures innées qui régissent nos pensées et nos sentiments. Et pourtant, beaucoup redoutent que ces découvertes ne viennent justifier les inégalités sociales, empêcher le progrès, ruiner la notion même de liberté et de responsabilité.

Chacune de ces croyances dogmatiques a été rattachée, depuis le 18e, à des combats politiques, moraux et des avancées sociales. Leurs défenseurs perçoivent donc les avancées scientifiques réalisées depuis les années 70, qui remettent en question ces croyances, comme des menaces envers ces avancées sociales. Mais Pinker montre en quoi les valeurs comme l'égalité et la justice (qui sont défendues entre autres par les partisans de ces croyances) n’ont rien à craindre des découvertes qui parlent de notre humanité commune : la nature humaine. Il ramène le calme et la rationalité dans ces débats où les tabous sont omniprésents et désarme les peurs les plus menaçantes avec une pensée claire et des faits pertinents apportés par les sciences et l'histoire.

Pinker montre ensuite que ces croyances ont aussi leurs côtés sombres. La doctrine de la Table Rase en particulier, bien que très populaire parmi les intellectuels de la majeure partie du XXe siècle, pourrait avoir fait bien plus de mal que de bien. « Elle nie notre humanité commune et nos préférences individuelles, elle remplace l’analyse scientifique des problèmes sociaux par des slogans démagogues en déformant notre compréhension de l’origine de la violence, des injustices, de ce qu’est une société, du rôle parental...».

Pinker soutient que nous n’avons non seulement rien à craindre de cette reconnaissance de la nature humaine — fondée sur la science et non sur des croyances —, mais surtout qu’elle est notre moyen le plus pragmatique et efficace pour améliorer la condition de l’homme et créer des sociétés plus harmonieuses.