Consommation coopérative - collaborative : des initiatives fécondes qui ont besoin de notre aide pour survivre

La consommation coopérative (ou « consommation collaborative ») est de plus en plus populaire. L’engouement vis-à-vis de cette forme d’échange pourrait bien être un signe annonciateur d’un changement massif vers des valeurs plus fécondes. Ces initiatives pourraient aussi bien être les premiers pas vers une manière plus mature de concevoir les échanges économiques.

 

Mais malheureusement beaucoup de ces projets échouent parce qu’ils sont trop lourds à porter pour les simples particuliers qui les lancent et/ou parce qu’ils ont tendance à s’appuyer sur une conception biaisée et idéaliste de la nature humaine.

 

Attendre que les valeurs les plus matures — comme la pensée à long terme ou le souci étendu de ceux et ce qui nous entourent — pèsent spontanément dans les choix de tous les consommateurs pourrait prendre beaucoup, beaucoup de temps, et anéantir en attendant la plupart de ces précieuses initiatives.

 

En soutenant les initiatives les plus prometteuses, qui pourraient être aussi les plus fragiles, l’état encouragerait une façon de vivre plus mature. Une façon non plus basée sur les valeurs impulsives et primitives que sont le besoin de posséder ou l’égoïsme, mais sur des valeurs plus fécondes aussi bien socialement qu’écologiquement.

 

L’état pourrait aussi profiter des précieuses aspirations qui les animent pour construire la structure dont une communauté a besoin pour se développer de manière mature et féconde. On attend aujourd’hui que cette structure surgisse et se construise d’elle-même, parce qu’on estime que les habiletés nécessaires à la construction de communautés — matures et fécondes — sont innées et naturelles et par conséquent universelles, parce qu'on estime que l’homme est naturellement communal, dans le sens étendu du terme. Et pourtant, bâtir une communauté coopérative n’est non seulement pas facile, mais requière un véritable travail de précision, autant pour mettre la mettre en place que pour l’entretenir. Il faut soigneusement préparer le terrain, pour que les graines de qualités sociales puissent s'y enraciner. Il faut aussi l’entretenir pour qu’elles puissent germer et s’épanouir, et donner naissance à d’autres graines. Si la pérennité du développement communautaire est si précieuse et fragile, c’est que les fleurs porteuses de qualités sociales, et de la structure même d'une communauté féconde ne s’achètent pas, mais sont le fruit d’une lente, rare et précieuse maturation. Ces fleurs et ces qualités sont à chaque instant menacées à la fois, par les mauvaises saisons, les périodes de crise, mais aussi les mauvaises herbes, l’égoïsme, ou encore, aussi par le manque d’entretien de la structure communautaire.

 

Nous voyons dans ces projets de consommation coopérative bien plus que de vagues désirs utopiques. Nous voyons dans ces actions concrètes, et l’investissement personnel qu’elles manifestent, ces fleurs rares et précieuses. Ces initiatives pourraient bien apporter, en plus des services qu'elles proposent, les précieuses graines d’implications sociales, de réseaux d’entraide communautaire, d’esprits de service ou encore de souci de l’environnement, bref, la structure même d’une communauté mature et féconde.

 

Saurons-nous les aider à germer et les valoriser ?