Sommes-nous connectés pour croire ?
Crédit: Aiwok

Les comportements empathiques, la notion de justice, et les gestes de réconciliation, autrefois considérés comme l’apanage de l’homme, se retrouvent aussi chez d’autres espèces et notamment chez les primates.

Parmi ces traits qu’on retrouve aussi bien chez l’homme que chez d’autres espèces, certains, dans certaines circonstances, peuvent nous jouer des tours, voire avoir des conséquentes dramatiques. C'est le cas du biais de la main chanceuse.

Ce biais cognitif est la croyance trompeuse qu’une personne qui a gagné dans un jeu aléatoire aura plus de chance de gagner aux tours suivants. C’est un biais bien connu des casinos, mais moins des joueurs...

Des chercheurs de l’université de Rochester ont eu l’amusante idée de faire parier des Macaques rhésus — qui se sont d’ailleurs vite pris au jeu.

Ils ont été étonnés de découvrir que les macaques, tout comme les hommes, recherchent et établissent des corrélations (des « patterns ») entre les séries même lorsqu’elles sont totalement le fruit du hasard !

Benjamin Hayden, un des coauteurs de l’étude, explique pourquoi nous (les humains, mais aussi les singes) sommes victimes de ce biais, et persistons dans l’erreur même lorsque nous sommes ensevelis de preuves objectives, qui — si nous étions rationnels — auraient dû nous faire prendre conscience de nos erreurs.

« Nous pourrions avoir une difficulté à comprendre le sens du mot "aléatoire" ou "hasard" parce que la distribution de la nourriture dans la nature n’est pas aléatoire. Si vous trouvez un joli coléoptère juteux dans une souche, il y a de fortes chances que vous en trouviez d'autres à proximité car les coléoptères, comme la plupart des sources de nourriture, ont tendance à vivre dans des environnements similaires et à proximité les uns des autres. ».

Son collègue Tommy Blanchard résume :

Nous aimons souvent penser que nous prenons nos décisions en nous basant uniquement sur les informations objectives que nous détenons. Et pourtant nos prises de décisions sont le fruit d’un complexe mélange de biais cognitifs et d’erreurs de raisonnement statistique.

 

Cette étude — et beaucoup d’autres — suggère que ces biais sont causés par des mécanismes cognitifs que nous partageons avec nos cousins primates.

Lire le rapport de l’étude


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